Le 1er janvier 2002, le SMTD poursuit l'exploitation de la décharge de Précilhon sans autorisation et sans contrôle.
Le SMTD ne déposera sa demande de poursuite d'exploitation que le 31 mai 2002 et le Préfet signera l'arrêté préfectoral le 23 janvier 2003 (soit un an après la reprise d'exploitation !).
Pendant ce temps, la poursuite d'exploitation du casier ouest s'effectue dans les pires conditions. Le SMTD enfouit les déchets sans travaux de mise aux normes, au rythme officiel de 8 000 tonnes par an jusqu'au 30 Novembre 2003. On ne saura jamais le type de déchets et le tonnage réellement enfouis car l'exploitant est dans l'incapacité de fournir le rapport d'exploitation 2002 avec ces informations.
La gestion du site est tellement catastrophique que très vite les riverains en ressentent les effets. En Août 2002, des odeurs pestilentielles gênent considérablement les habitants de Goès, Estialescq, Estos, Ledeuix. La rébellion s'organise, les premiers articles de journaux titrent “ Le pire c'est l'odeur ” "Au bord de la nausée"
On apprendra très vite que les boues de la station d'épuration d'Oloron ont été déversées alors que leur taux de siccité ne le permettait pas et que le contact avec l'ancien lit d'ordures ménagères a relancé une très forte fermentation. Le système de rejet des lixiviats (jus) par aspersion directe dans le bois est catastrophique pour la nappe phréatique et le ruisseau L'Abérou qui fera l'objet d'une plainte pour pollution par la société de pèche.
L'entrée du site n'est pas surveillée, le portail reste ouvert la nuit, des camions arrivent à n'importe quel moment; il n'y a pas de portique radio actif...
A l'automne 2002, le SMTD envisage l'augmentation du tonnage à 30 000 tonnes par an.
Face à la grogne, le SMTD décide de tenir deux réunions publiques, l'une à Estialescq le 28 Janvier 2003 et deux semaines plus tard à Goès pour informer la population de son projet d'extension. Au cours de ces deux réunions houleuses, le Président du SMTD Jacques Albesa tentera d'expliquer vainement que les déchets ultimes sont « des petits bouts de caoutchouc… » en aucun cas fermentescibles et donc que les futurs casiers ne dégageront pas d'odeurs. (voir article de la presse et la réponse d'un riverain)
Parallèlement en février 2003 17 plaintes individuelles sont déposées contre le SMTD pour pollution atmosphérique auprès du Tribunal du grande instance. Ces plaintes sont classées sans suite le 6 juin 2003 par le procureur.
Le SMTD veut donner l'image d'un exploitant irréprochable qui d'une pierre deux coups, va non seulement réhabiliter l'ancien casier Ouest mais aussi mettre aux normes le centre d'enfouissement technique de Précilhon pour un coût final de plus de 6 millions 300 000 €UROS.
Ainsi, le site recevra 310 000 tonnes de déchets ultimes et industriels banals, ce qui revient à multiplier pratiquement par 4 la capacité de tonnage mais sur une période plus courte de dix ans que celle prévue initialement jusqu'en 2039.
Maigre consolation pour la population riveraine !
Le 14 Février 2003, l'association des riverains du centre d'enfouissement technique de Précilhon est créée. Elle alerte l'opinion et les responsables. Très vite, la DRIRE procède à une inspection du site et le préfet met en demeure le SMTD d'effectuer des travaux d'urgence avant le 18 Avril 2003. L'association fera constater qu'ils n'ont pas été réalisés (constat d'huissier sur requète).
Le 24 juin 2003, ouverture de l'enquête publique à la mairie de Précilhon. Elle durera un mois et sera prolongée de deux semaines.
Le Préfet signera l'autorisation d'augmenter le tonnage et de créer le centre de transfert d'ordures ménagères dans l'arrêté du 8 Décembre 2003.